Unilabs Middle East · Whoop Advanced Labs · à jeun, 07:05

Bilan sanguin du 27 août

65 marqueurs, 3 signalés par le labo, 2 encore en cours. Ce que ça dit de la fatigue, de la VFC, du sur-entraînement et de la récupération, et ce qu'il y a à faire derrière.

Échantillon
101264854
Prélèvement
27/08 · 07:05
Rendu
28/08 · 12:32
Signalés
3 sur 65
En cours
2

Les quatre questions qu'on se posait

verdicts
causes classiques écartées

Fatigue

Ni anémie, ni carence en fer (ferritine 136), ni inflammation (hs-CRP 0,39), ni glycémie, ni foie, ni reins. Ce qui reste : cortisol haut avec DHEA-S bas, vitamine D à 30,9, et la thyroïde est désormais tranchée : T3 libre à 5,07 pmol/L, milieu exact de fourchette.

deux leviers identifiés

VFC basse

Le tonus de stress est visible : cortisol du matin dans le haut de la fourchette pendant que la DHEA-S traîne en bas. Mais le Whoop ne montre pas de VFC basse : 73,6 ms de moyenne sur les 10 nuits disponibles, ce qui est bon à 24 ans. Ce qui bouge, c'est la récupération, très instable (20 % au plus bas, 83 % au plus haut). Et une éosinophilie franche (9,53 %) qui signe une charge allergique, laquelle dégrade le sommeil profond sans jamais apparaître ailleurs.

non confirmé

Sur-entraînement

Testostérone à 519 ng/dL, libre calculée normale, LH et FSH intacts donc axe non éteint, hs-CRP au plancher, et un ratio testostérone/cortisol cent fois au-dessus du seuil de NFOR. La T3 libre est tombée le 29/08 à 5,07 pmol/L (0,33 ng/dL), pile au milieu de la fourchette : le dernier marqueur qui pouvait renverser le verdict ne le renverse pas. Seule la CK reste non dosée.

trois freins

Récupération

BUN/créatinine 21,7 avec urée et albumine hautes : trop de protéines pour trop peu d'eau. Plus la vitamine D basse et la DHEA-S basse, qui freinent toutes deux la réparation tissulaire.

Ce qu'il y a à faire

par ordre d'urgence
01

T3 libre obtenue — dossier clos ✔

Unilabs a confirmé le 29/08 avoir assez de sérum, l'add-on a été lancé et le résultat est tombé le jour même, vérifié à 14:52 : FT3 0,33 ng/dL, soit 5,07 pmol/L pour une fourchette 3,53-6,45. Tickets #1795605, #1795606, #1795760, #1795761.

C'était le seul marqueur qui pouvait renverser le verdict « pas de sur-entraînement » : en déficit énergétique chronique la T3 s'effondre bien avant la testostérone. Elle est au milieu exact de la fourchette (53e centile), donc pas de frein métabolique, et la fatigue ne vient pas de la thyroïde.

02

Faire relire l'éosinophilie par un médecin

0,61 en absolu et 9,53 % : la seule anomalie franche du bilan. Un allergologue si le nez se bouche la nuit ; sinon un généraliste, qui écartera d'abord une parasitose et une réaction médicamenteuse.

Une allergie respiratoire non traitée casse le sommeil profond et écrase la VFC nocturne. C'est la piste la plus concrète pour ce que raconte le Whoop, et la seule qui se traite vraiment.

03

Boire davantage, et saler

Urée 20,6 en haut de fourchette, albumine 47 en haut de fourchette, rapport BUN/créatinine à 21,7 alors que la créatinine est parfaite à 0,95. Ce n'est pas rénal, c'est de la concentration.

À Dubaï, en salle 7 j/7, avec un apport protéique élevé : le seul de tous les points ci-dessous qui se corrige en 48 h et qui se verra sur la récupération.

04

Remonter la vitamine D vers 40-60 ng/mL

30,86 aujourd'hui, soit tout juste au-dessus du seuil « adéquat ». Et c'est mesuré fin août, donc au maximum annuel : ça ne peut que descendre dans les mois qui viennent.

Elle touche à la fois le sommeil, la testostérone et la réparation musculaire. C'est le levier le moins cher du bilan.

05

Traiter le couple cortisol / DHEA-S comme un problème de charge

Cortisol 18,86 dans le dernier quart de la fourchette, DHEA-S 201 là où on attend 300 à 450 à 24 ans. Ça ne se corrige pas avec un complément : ça se corrige avec du sommeil et des jours réellement off.

C'est la signature d'un stress chronique, pas d'une maladie. C'est aussi, mécaniquement, ce qui tient la VFC en bas.

06

Compléter le bilan à la carte, une seule fois

T4 libre, CK, magnésium, B12, folates. Aucun n'était dans le panel Whoop, aucun n'a été raté par le labo.

B12 et folates expliqueraient l'homocystéine à 10,6 ; le magnésium touche sommeil et crampes ; la CK dirait la charge musculaire résiduelle. À grouper avec la T3 libre si un nouveau prélèvement devient nécessaire.

07

Recontrôler dans 8 à 12 semaines

Ferritine, testostérone totale + SHBG, cortisol du matin, DHEA-S, vitamine D, T3 libre, hs-CRP. Même labo, même heure, à jeun, après un jour off, sinon les valeurs ne sont pas comparables.

Ce bilan est le point zéro. Sa valeur n'apparaît qu'au deuxième point.

Tous les indicateurs

65 marqueurs

Ce qui n'est pas dans le bilan

périmètre

Le panel acheté a été rendu en entier. Les 65 marqueurs du Whoop Advanced Labs sont là ; deux sont encore en cours chez le labo, la testostérone libre et le débit de filtration glomérulaire, et aucun des deux ne réserve de surprise.

La T3 libre a été ajoutée après coup, et elle est arrivée. Elle n'était pas dans le panel WHOOP payé ; Unilabs l'a passée en add-on sur le sérum déjà prélevé, résultat rendu le 29/08 (échantillon 001229512). Elle figure désormais dans les hormones ci-dessus.

Jamais inclus dans le panel : T4 libre, CK, magnésium, B12, folates, acide urique, GGT. Ce sont des ajouts à la carte, pas un manquement du laboratoire.

D'où viennent ces chiffres

sources

Les valeurs et les fourchettes de référence sont lues directement dans le PDF Unilabs du 28/08, échantillon 101264854. Rien n'est saisi à la main : le rapport a été parsé, les 65 marqueurs et leurs bornes viennent du laboratoire lui-même.

La testostérone libre est un calcul, pas une mesure. Formule de Vermeulen appliquée à la testostérone totale, la SHBG et l'albumine du même prélèvement, en attendant celle que le labo doit encore rendre.

Les cibles sont les miennes, pas celles du labo. Vitamine D 40-60, HDL au-dessus de 55, homocystéine sous 9, DHEA-S 300-450, insuline sous 6, cortisol 10-15 : ce sont des repères d'optimisation courants en médecine du sport, plus exigeants que les bornes du laboratoire. Chaque fois qu'un marqueur est marqué « à surveiller » alors que le labo ne l'a pas signalé, c'est cet écart-là qui parle, et lui seul.

Les lectures physiologiques — chute de la T3 en déficit énergétique à TSH normale, seuil du ratio testostérone/cortisol, éosinophilie et sommeil profond — relèvent de la littérature établie en endocrinologie et médecine du sport. Elles n'ont pas été recoupées étude par étude ici.

Le Whoop a été rebranché le 28/08 et croisé avec ces marqueurs. Dix nuits seulement sont disponibles, du 18 au 28 août : VFC moyenne 73,6 ms (bon pour 24 ans, donc l'hypothèse d'une VFC basse ne tient pas), fréquence cardiaque au repos 58,6, récupération moyenne 53,5 % avec une amplitude de 20 à 83 %. Point important pour la lecture du bilan : la prise de sang du 27/08 tombe sur une nuit à 39 % de récupération et 62,8 ms de VFC, donc sous sa propre moyenne. Le cortisol à 18,86 est probablement flatté vers le haut par cette nuit-là, et c'est une raison de plus de le recontrôler.

Ce que ton sang dit de faire

10 priorités
Chaque ligne part d'un marqueur de ce bilan, et le classement suit l'impact sur la prise de muscle d'abord, le marathon ensuite. Rien ici ne relève de l'entraînement ou de la diète générale : uniquement ce que la prise de sang, elle, permet de trancher.
01

BUN/créatinine 21,72 — sel et eau

Le seul marqueur signalé qui touche directement la performance. Le volume plasmatique conditionne le débit cardiaque, donc l'allure marathon, et la qualité de chaque série en salle. Une cuillère à café rase au déjeuner, 3 à 4 litres par jour.

02

Vitamine D 30,86 — remonter vers 40-60

Elle agit sur la force musculaire, la testostérone et la réparation du tissu. Mesurée fin août, donc au maximum annuel : sans supplémentation elle descendra tout l'hiver, en plein bloc marathon. 5000 UI avec K2.

03

Cortisol 18,86 face à DHEA-S 201 — l'antagoniste direct du muscle

C'est le seul couple hormonal anormal du bilan, et c'est exactement le signal catabolique qui s'oppose à l'hypertrophie. Il ne se corrige pas par un complément : sept heures de sommeil, heure de lever fixe, et trois séances dures au lieu de sept.

04

Éosinophiles 9,53 % — faire relire l'allergie

La seule anomalie franche. Un nez obstrué la nuit coupe le sommeil profond, la fenêtre où sort l'hormone de croissance. C'est de la construction musculaire perdue chaque nuit, sans que rien ne le signale.

05

T3 libre 5,07 — rien à faire, c'est réglé

Elle est au milieu exact de la fourchette. Le frein métabolique n'existe pas : ni ralentissement thyroïdien, ni déficit énergétique chronique. Ce marqueur sort de la liste des choses à surveiller jusqu'au recontrôle d'octobre.

06

Ferritine 136 — la protéger, pas la supplémenter

C'est ta meilleure valeur, et c'est précisément celle que la course fait chuter : impact du pied, sudation, inflammation. Chez un coureur qui monte en volume, c'est le marqueur qui décroche en premier. À recontrôler dans 8 à 12 semaines. Aucun fer aujourd'hui.

07

Homocystéine 10,6 — les folates

Dans la norme, au-dessus de l'optimum, et cohérente avec une assiette sans un seul légume vert. Les folates et la B12 servent la réparation tissulaire. 200 g de légumes au déjeuner avant d'envisager un complexe B.

08

Insuline 8,14 et HOMA 1,69 — la partition des nutriments

Sous les seuils, mais pas optimaux. C'est la sensibilité à l'insuline qui décide si ton surplus part vers le muscle ou vers la graisse. La course en zone 2 est le meilleur outil pour l'améliorer, et tu allais la faire de toute façon.

09

HDL 42 et ratio LDL/HDL 2,01 — les oméga-3

Le seul point faible du bilan lipidique, et le seul signalé qui ne touche pas la performance. Les oméga-3 le corrigent et servent en même temps la récupération musculaire : un supplément, deux problèmes.

10

Testostérone 519 — le point zéro à surveiller

Milieu de fourchette, en baisse depuis 6,11 en 2024. C'est elle qui décrochera en premier si le volume marathon part trop haut. Elle ne demande rien aujourd'hui, seulement d'être remesurée dans 8 à 12 semaines, au même labo et à la même heure.

Ce que dit WHOOP, ce que dit le labo

deux lectures

Ce ne sont pas les mêmes bornes, et c'est voulu. Unilabs publie des fourchettes de population : elles répondent à « est-ce pathologique ». WHOOP classe en optimal, suffisant ou hors norme, avec des seuils délibérément plus exigeants, pensés pour une population en bonne santé qui cherche à performer. Un marqueur peut donc être vert chez le labo et jaune chez WHOOP sans que personne ne se trompe.

Mes cibles de cette page suivent la logique WHOOP, pas celle du labo. C'est pour ça que la vitamine D à 30,9, le HDL à 42 et la DHEA-S à 201 sont marqués à surveiller alors qu'Unilabs ne les a pas signalés.

Et WHOOP confirme le périmètre du panel. T4 libre, B12, folates et magnésium ne font pas partie des 65 marqueurs de base : WHOOP les a placés dans un panel spécialisé distinct, lancé séparément. Ce ne sont donc pas des oublis du laboratoire, exactement comme je le disais plus haut. La T3 libre, elle, a été rattrapée en add-on le 29/08.